lundi 18 février 2008

Bye bye bamboo

Le 16 février j'ai rendu ma thèse de Master. Avec cela s'est terminé officiellement mon année à Doshisha. Officiellement... Officieusement, me reste une présentation à un congrès sur les composites le 17-18 mars et des manipulations à faire pour le compte de mon professeur.
Toutefois, pour la première fois depuis le 24 avril, cela sent vraiment la fin. La fin d'une période d'examens intensive, d'une année au Japon, de quatre ans en tant qu'élève-ingénieur... la fin des études !
Mais tout ça est encore trop récent pour que je puisse produire un quelconque commentaire pertinent sur cette étape de ma vie. Alors pour le coup, je vais vous parler des évènements qui ont peuplé cette année 2008 depuis mon retour au Japon. Le tout en photos bien sûr...



Le premier slide de ma soutenance de thèse. Avis aux GI, je vends mon fond bambou fait main aux enchères !



La neige est aux portes de Kyoto en ce début d'année 2008. En plus de geler les pieds, et de faire froid dans le cou, ça permet de faire de jolies photos.



Le Japon pays de la technologie. Ici les éboueurs travaillant de nuit ont le droit à la combinaison sapin de Noël pour ne pas se faire écraser (si seulement j'avais eu ça pour Halloween !).



A la Québecoise !



Et oui... On a réussi à transformé en gentille petite Japonaise en rebelle de la société !



Frites du Captain kangaroo 1
Japon 0



Et pour finir: la joie des sports d'hiver !

mardi 12 février 2008

Une maladie contemporaine: la frénésie de consommation

Ce billet est un appel à témoins de personnes ayant déjà été contaminées par ce mal.

Petit, j'avais de temps en temps des envies incontrôlées d'achats. A l'époque mon principal centre d'intérêt étant les jeux vidéos, après la lecture d'un magazine, ou le visionnage d'une pub à la télé, je me découvrais l'irrépressible envie d'acheter un Final Fantasy ou un Mario. Je n'en avais pas besoin. J'avais des tonnes d'activités autrement plus intéressantes ou enrichissantes, ou tout simplement des jeux non finis, mais à partir de ce moment-là tout intérêt de ma part disparaissait pour ces alternatives. Je fonçais m'acheter ce jeu et ressentait une satisfaction immense une fois l'objet en main, comme si pour moins de 400 francs, j'avais acheté du bonheur sous forme vidéo-ludique... pas cher n'est-ce pas ! Je me plongeais aussitôt dedans et n'en démordais pas jusqu'à la fin ou la nouvelle pub pour le nouveau jeu à la mode. Et à l'époque le bonheur était au rendez-vous tant les jeux essayés me passionnaient.

Les années ont passé et si ma consommation de produits vidéo-ludiques a nettement diminuée ces envies incontrôlées sont toujours là. Et maintenant, c'est au Japon, pays de la Consommation, que je commence seulement à entrevoir les tenants et aboutissants de ces envies incontrôlées.

Ici, tout pousse à la consommation. La pub est omniprésente. Les loisirs des jeunes Japonais passent forcément par l'échange de quelques yens en échange d'une quelconque chose. Les magasins sont des oeuvres d'art remplies de produits alignés avec une rigueur superbe. Ces rangées d'objets ne demandent qu'à être perturbées par des acheteurs. La personne assez naîve que je suis ici est submergée de désirs aussi soudains qu'éphémères d'achats irraisonnés: il a l'air marrant ce pot de gel, et si j'achetais des platines ou un Ipod ou une PSP ?!

Enfant, ces envies étaient assez souvent synonymes de bons moments au final. Toutefois, les années passant, cette certitude s'est nuancée. Des déceptions dans certains achats, une relativisation de l'intérêt de certains de mes loisirs... le résultat étant qu'à présent je me pose des questions avant un achat. Tout le contraire de ce que les publicitaires veulent sans aucun doute. Au Japon, la Consommation étant élevée en valeur première de société, je suis soumis à un flux ininterrompu de questions existentielles: mais as-tu vraiment besoin de ce dentifrice alors qu'il t'en reste deux tubes à la maison ? Peut-être qu'avant de t'acheter une PSP tu devrais commencer par finir ta recherche et les quelques jeux que tu as sur ta Nintendo DS ?
Ça n'arrête pas. L'acte de consommer devient stratégique et tellement éprouvant pour celui qui réfléchit au pays du soleil levant. Deux choix lui reste alors: soit il tombe dans le coma hébété du consommateur (heureux ?!) et se laisse guider par ses pulsions, ou il s'enfonce de plus en plus dans ses interrogations. Que choisir ?

La Consommation un ami qui vous veut du bien.



PS: je me rends bien compte que ce texte a des accents inquiétants vu que la majorité de mon lectorat fait partie de sociétés basées sur un pseudo-consensus que le bonheur s'acquiert par l'argent. Mais à chaque instant qui passe, je réalise que cette idée n'est pas fondatrice de nos sociétés mais que c'est bien nos sociétés qui ont placé cette idée en fondamental. La consommation appelle la consommation et quand on est entouré de personnes vantant leur récente acquisition, par effet de manque-envie et de jalousie, on ne peut que suivre cette tendance. Mais un peu de recul permettrait parfois de ne pas tomber dans l'achat à outrance autant décevant pour soi que destructeur pour le porte-monnaie...