jeudi 29 novembre 2007

Mais où qu'il en est avec ses bambous l'autre ?

Et bien je vous le demande ! Car moi-même je ne sais pas trop... Un petit résumé des évènements à venir côté Mukaijima pour vous prouver que je bosse... moi ! :p

La première date est bien sûr... tadadada... le Japanese Language Proficiency Test (niveau 2 parce que sinon j'aurai des chances de réussir). C'est un équivalent TOEFL mais pour le Japonais. Pour abréger, le 2 décembre à 2 h du matin en France, commencez à prier s'il vous plaît.

La seconde c'est le 7 décembre avec la date de remise limite de l'abstract (le résumé pour ceux qui s'y connaissent autant que moi ne recherche) de ma recherche pour pouvoir participer au congrès sur les composites début mars. Et là c'est le drame pour vous car comme Elia m'a dit que ce que je faisais était intéressant et bien je vais vous expliquer tout ça (combien se sont enfuis ?)!

Mon projet de recherche est assez simple. J'étudie un matériau composite fait de plastique dans lequel on a mis des fibres de bambou. Il y a deux parties dans cette étude:
- tout d'abord je fais à la main des échantillons de composite que je teste (je les tire les compresse les tord dans tous les sens) pour mesurer les propriétés mécaniques de ce matériau suivant la longueur des fibres que j'ai mis dedans (par exemple). Ca c'est la partie expérimentale qui prend énormément de temps et qui est responsable de la déforestation partielle de la bambouseraie de Doshisha.
- puis je fais des jolis modèles théoriques avec Matlab, Maple et Abaqus (promis c'est pas des gros mots) pour trouver le modèle qui décrit le mieux le comportement de mon composite.
Et au final, j'ai un composite dont je peux prévoir le comportement (grâce à mon modèle) et qui j'espère sera suffisamment intéressant pour avoir des applications.
Alors comme ça ça démystifie un peu la chose non (je vois bien la ribambelle de déçus qui me voyaient armé d'un katana en train de couper des bambous à la minutes...). Ce qui est rigolo c'est que pour l'instant je n'ai aucun résultat ! Et donc je suis dans la m..... (la c'est un gros mot mais c'est crypté donc c'est bon non ?!) vu que la deadline de la mort côté recherche c'est le 23 janvier avec la remise de mon article scientifique. Mais le bon côté c'est que le 1er février c'est parti mon kiki, c'est le départ à l'aventure Arthur et je rajouterai même que c'est les vacances... Clémence !

D'où le dernier point (c'est bien quand même les enchainements logiques qui ne le sont pas), je serai en France (je sais que je me répète...) du 22 décembre au 6 janvier. Donc je compte bien revoir un maximum d'entre vous. Mais ça s'organisera en temps voulu tout ça.

A bientôt pour quelques petites nouvelles plus imagées

vendredi 23 novembre 2007

Bi- l'an: Tout à une fin

C'est décidé, fini les réflexions pour cete fois. Je remettrai ça début avril 2008 ne vous inquiétez pas. Pour terminer en beauté quelques photos supplémentaires de ces six premiers mois voire plus...



Fallait bien que je vous montre comment je fais mes plaques de composites après vous avoir montrer les fibres de bambou...



Une randonnée dans les environs de Kyoto et une photo à contre-jour comme je sais si bien les faire.



Mukaijima by night



Voilà ce que ça donne quand on dort à cinq dans une camionnette... un chanceux !

A très bientôt pour des aventures plus d'actualité.

dimanche 18 novembre 2007

Bi-l'an: Un panorama de ces six premiers mois

Pour tous les râleurs qui veulent des photos, vous allez être gâtés.



Le Mukaijima Gakusei Center et sa découverte le 24 avril après 24 heures de voyages.



Un campus à la campagne



Des cours de Japonais vraiment sympas



Des rencontres



Des villes




Des bizarreries



Des paysages volcaniques



Des soirées



Et de la bonne nourriture !

La suite dans le prochain épisode ! Car au final il s'en est passé des choses...

Bi-l'an: Décision et écoute

En cette fin de dimanche, je recommence avec un article un peu réflexion pour continuer dans la description de ces différences culturelles japonaises qu'il m'ait été donné d'observer au cours de ces 6 mois. Au programme une différence comportementale énorme entre les Français et les Japonais. C'est parti !

Il m'a été donné d'observer lors de mon premier séjour ainsi que depuis mon arrivée en avril, que les Japonais lors de prises de décision ne fonctionnent strictement pas comme en France.
Lors des sessions sciences humaines à l'école en France, on nous a fait faire de nombreuses fois des groupes qui au cours de jeux de rôles devaient prendre des décisions. A chaque fois c'était la même chose. Au début de la vie du groupe, les extravertis occupent l'espace sonore en déballant leurs idées, les introvertis regardent. Puis au fur et à mesure que le groupe apprend à se connaître, les introvertis sont écoutés voire sollicités, les extravertis apprennent à se réguler et on approche du fonctionnement optimal du groupe. De cela découle un constat: en France notre éducation nous incite à proposer, à avoir l'initiative comme dirait Elia. On a une culture de l'idée et de la mise en action.
Au Japon c'est tout autre chose. Avant cela, je vais vous raconter quelques anecdotes venant de mon entourage.
En école primaire au Japon, les professeurs organisent des jeux de classe. Ils proposent à la classe deux choix et leur demande de choisir entre les deux le but étant d'avoir un assentiment total de la classe sur le choix final. En France, un simple vote à main levée et règle de la majorité et le problème est réglé. Au Japon, les enfants s'épient du coin de l'oeil pour voir ce que son camarade veut choisir et réciproquement. Jusqu'à ce qu'au final, ils proposent tous le même choix. Et de jeux en jeux, la faculté à décider est remplacer par une faculté d'observation qui permet à tous les enfants de s'aligner sur le choix qui provoque le moins de frictions (toujours cette idée de fonctionnement sans accroc). Les Japonais sont un peuple de l'observation.
Je pense que cela explique énormément de choses: de la difficulté d'intégration totale des occidentaux (créateur de frictions) dans une telle société, aux réunions à la Japonaises ou aucune voix contraire ne l'élève...

Un point très intéressant de cette société de mon point de vue et un sujet de discussion pour tous ceux qui veulent me laisser des commentaires !

dimanche 11 novembre 2007

Bi-l'an: D'où l'importance de regarder vers le futur

Après ma petite note sur les mathématiques des regrets, voilà une autre réflexion qui m'est venue récemment et qui m'a fait beaucoup avancer. Si je mets ça sous une jolie forme ça pourrait donner:

A trop se tourner vers le passé, seul les regrets sont visibles. Les espoirs, les possibilités, la joie de vivre; aussi bien dans le futur que dans le présent; tout cela devient inaccessible aux yeux du nostalgique.

Comme toujours, vos remarques sont les bienvenues. Je tiens à préciser pour Cecile que je n'avais pas bu avant celle-là... juste une nuit blanche avant de taper ce billet.

Et une petite photo pour le plaisir des yeux



A venir, un sujet sur les évènements qui m'ont marqués ces six premiers mois sous formes de photos, d'autres réflexions bien sûr (notamment sur la religion) et bien sûr toujours quelques billets nazes sur les vérités connues de tous que je ne découvre que maintenant.

Bi-l'an: Une société de l'esthétique et du pragmatisme

L'influence du couch surfer que j'héberge et du puit de connaissance qu'il est atteint la sphère de mon blog. Je vais essayer de vous exposer une théorie que Tucker m'a expliqué mais ne me l'étant pas encore approprié les erreurs risquent d'apparaître. Vous êtes prévenus !

Le Japon est une société de l'esthétique et du pragmatisme. Tout a été conçu pour minimiser les frictions et laisser transparaître la beauté d'une organisation bien huilée. Tout cela remonterait au temps des Tokugawa (dans les années 1600) qui en deux siècles auraient réussi à modeler la personnalité des Japonais de manière à ce qu'ils pensent toutes leurs actions dans une optique de groupe et d'efficacité de groupe.

Ca c'est pour la théorie. A vous d'y confronter votre point de vue. Pour ma part, je retrouve certains points qui vont dans ce sens:
- la culture du seppuku (le suicide rituel) où tout est fait de manière à s'achever de la manière la plus esthétique possible (un petit exemple: Roméo et Juliette, si ils avaient été Japonais, plutôt que de se fréquenter et de faire perdre la face à leur famille, se seraient suicidés rituellement comme pour laisser le message "on ne veut pas causer du tort à nos familles mais on s'aime donc la seule solution est de s'aimer dans la mort")
- les organisations hyper rigides des entreprises qui font preuve d'une incroyable efficacité dans le quotidien mais sont démunies face aux imprévus (qui sont la manifestation de comportements ne cherchant pas à s'adapter aux contraintes de la société ou tout simplement de faits divers totalement aléatoires)
- l'attachement des Japonais au "paraître" (toujours ce tatemae) et les modes vestimentaires qui en résultent.

Et en même temps, certains points nous apparaissent si peu esthétiques ou pratiques pour nous Européens:
- un aménagement urbain des plus moches
- des organisations ne tenant pas suffisamment en compte le facteur imprévu (cela montre toute la différence du caractère "individuel" de l'occidental par rapport au caractère "groupe" du Japonais)

C'est un texte que je complèterai au fur et à mesure des jours car je pense qu'il faut y revenir dessus régulièrement. Donc, laissez-moi un peu vos appréciations pour m'aider dans cette tâche.
Et pas de photos ce coup-ci car le sujet est essentiellement cérébral.

dimanche 4 novembre 2007

Bi-l'an: Les mathématiques du regret

Pour boucler la série de ce soir, une petite réflexion collective.

La rupture et son cortège de réflexions m'ont amené à une conclusion parmi tant d'autres:

Si on note:
- C la somme de ses contentements
- R la somme de ses regrets

Alors être heureux c'est avoir pour quantité D=C-R, une valeur positive.

C'est extrêmement réfléchi, certes très cartésien, et ça m'intéresse pas mal d'avoir votre avis sur le sujet.

Et pour vous souhaiter bonne nuit, une photo sur un des sujets à venir: le contraste entre la laideur de la ville et la beauté des zones naturelles

Bi-l'an: Beaucoup de rencontres et peu d'amis

C'est un thème qui démontre bien l'ambivalence du comportement des Japonais, et cela que ce soit envers des étrangers (ou Gaijin dans leur langue) qu'envers leurs semblables.

C'est le moment notamment du "je me la pète" en vous racontant une caractéristique de la culture Japonaise et aussi en partie des cultures asiatiques.

Il y a une valeur, qui n'existe pas (tout du moins de mon avis) dans les cultures occidentales: le concept de perdre la face. En Asie, lorsque quelqu'un est profondément déshonoré, cela équivaut à mourir et généralement la victime n'a alors plus aucune mesure et ce qui s'ensuit peut être assez catastrophique. C'est extrême, vous en conviendrez, mais c'est pour ça qu'à tous ceux qui voyagent en Asie, on conseille ne pas élever la voix sur un Asiatique, espécialement en public, car il y aurait alors le risque de lui faire perdre la face.

Suivant les cultures asiatiques, ce concept a été plus ou moins modifié. Au Japon, pour éviter de se retrouver dans une telle situation, la solution a été de dissimuler aux yeux de tous ses véritables sentiments (appelés "honne" en Japonais) derrière une façade de politesse et de convenance (appelée "tatemae") comme ça il y a très peu de chance que quelqu'un arrive à vous faire perdre la face vu que vous êtes retranchés derrière une muraille de convenances.
Pour résumer, vous ne saurez jamais d'un Japonais ce qu'il pense réellement. Au mieux , vous le devinerez vaguement à force de déductions d'autant plus hasardeuses que l'écart entre la culture japonaise et les cultures occidentales sont grandes. Mais les paroles pleines de franchises n'existent pas ici et ça manque.

De ce constat découle mes six premiers mois ici. J'ai rencontré énormément de gens. Mais au final, les personnes que je considère comme des amis se compte sur les doigts de la main. Avoir une connaissance "gaijin" est ici source de fierté pour un Japonais, et j'ai souvent joué le rôle de la bête curieuse que l'on montre à ses amis histoire qu'ils puissent étréner leur quelques mots d'anglais pour me poser les sempiternelles questions:
"Do you like Japan ?"
"Do you like Japanese girls ?"
"Can you eat raw fish ?"
Et j'en passe des plus ennuyeuses... Ainsi, on pourra voir sous deux angles mon séjour ici:
- j'ai perdu énormément de temps et d'énergie dans des rencontres inintéressantes et stéréotypées
- j'ai réussi à me faire quelques amitiés durables
C'est la questions du verre à moitié plein ou à moitié vide. Quelle genre de personne êtes-vous ?

Petite gallerie des personnages que j'espère continuer à voir dans les mois, années qui viennent !

Elia, une pile à bonne humeur et énergie (mais seulement de 7h à 23h car après c'est dodo) et Ryuta qui quand il n'est pas sur un pont suspendu arrive à sourire sur les photos !



Shinsuke, surnommé Umeboshi de par la couleur rouge qu'il a tendance a arboré dès que trop de saké à réussi à se frayer un chemin jusque dans sa bouche.



Tetsu, un Japonais qui apprend le Français chaque vendredi et samedi entre 22h et 5h du matin des Français de Osaka... pour dire je crois même qu'il saurait réparer une photocopieuse à la Défense maintenant.



Et il y en a d'autres que je vous réserve pour une prochaine fois.

6 mois au Japon... un bi-l' an... pouet pouet

Après une absence un peu plus longue que d'habitude mais motivée par des raisons qui sont, je pense, connues de tous; me revoilà pour une série de quelques petits articles sur le premier bilan que je tire à mi-parcours.

Car oui, je suis à mi-parcours et ce depuis je 24 octobre ! Cela fait donc à présent un peu plus de six mois que je suis au pays du soleil levant. Mais je préfère l'appeler le pays de toutes les contradictions: modernité, tradition, tatemae, honne... Cet archipel réussit l'exploit de concilier des caractéristiques inconciliables pour nous autres Français.

Au cours de ces petits articles, tout ce qui me vient à l'esprit, plus d'une demi-année après avoir décollé depuis l'aéroport de Charles de Gaulle.
Et plus que jamais, je vous amène à réagir. Car une opinion forgée de soi-même comporte souvent des erreurs et ce n'est que par vos interventions que l'on pourra se rapprocher d'une justesse dénuée de toute hypocrisie ou pessimisme.

Bonne lecture !

Et comme je n'ai pas oublié que vous fonctionniez à base de photos...