dimanche 18 novembre 2007

Bi-l'an: Décision et écoute

En cette fin de dimanche, je recommence avec un article un peu réflexion pour continuer dans la description de ces différences culturelles japonaises qu'il m'ait été donné d'observer au cours de ces 6 mois. Au programme une différence comportementale énorme entre les Français et les Japonais. C'est parti !

Il m'a été donné d'observer lors de mon premier séjour ainsi que depuis mon arrivée en avril, que les Japonais lors de prises de décision ne fonctionnent strictement pas comme en France.
Lors des sessions sciences humaines à l'école en France, on nous a fait faire de nombreuses fois des groupes qui au cours de jeux de rôles devaient prendre des décisions. A chaque fois c'était la même chose. Au début de la vie du groupe, les extravertis occupent l'espace sonore en déballant leurs idées, les introvertis regardent. Puis au fur et à mesure que le groupe apprend à se connaître, les introvertis sont écoutés voire sollicités, les extravertis apprennent à se réguler et on approche du fonctionnement optimal du groupe. De cela découle un constat: en France notre éducation nous incite à proposer, à avoir l'initiative comme dirait Elia. On a une culture de l'idée et de la mise en action.
Au Japon c'est tout autre chose. Avant cela, je vais vous raconter quelques anecdotes venant de mon entourage.
En école primaire au Japon, les professeurs organisent des jeux de classe. Ils proposent à la classe deux choix et leur demande de choisir entre les deux le but étant d'avoir un assentiment total de la classe sur le choix final. En France, un simple vote à main levée et règle de la majorité et le problème est réglé. Au Japon, les enfants s'épient du coin de l'oeil pour voir ce que son camarade veut choisir et réciproquement. Jusqu'à ce qu'au final, ils proposent tous le même choix. Et de jeux en jeux, la faculté à décider est remplacer par une faculté d'observation qui permet à tous les enfants de s'aligner sur le choix qui provoque le moins de frictions (toujours cette idée de fonctionnement sans accroc). Les Japonais sont un peuple de l'observation.
Je pense que cela explique énormément de choses: de la difficulté d'intégration totale des occidentaux (créateur de frictions) dans une telle société, aux réunions à la Japonaises ou aucune voix contraire ne l'élève...

Un point très intéressant de cette société de mon point de vue et un sujet de discussion pour tous ceux qui veulent me laisser des commentaires !

2 commentaires:

Elia a dit…

tu as oublié ta conclusion, et c'était le mieux! Antoine a ainsi résumé la situation : en France, on propose plein de choses, mais on ne sais peut-être pas assez s'écouter, ça nous ferait du bien d'écouter les autres et de les observer (moi la première!). Au Japon, ils écoutent et observent beaucoup ... mais personne ne propose quoi que ce soit!
Entre les deux, à vous de choisir ... ou d'essayer d'intégrer un peu des deux!

Tony a dit…

Un petit supplément tiré de l'expérience de Rafi.
Dans les sociétés occidentales la décision en groupe se fait par flèches. Chacun donne son opinion, on discute et on fait la somme de l'ensemble.
Au Japon c'est une décision en spirale, on part de très vague et ça passe par tout le monde plusieurs fois avec à chaque fois un gain de détails qui permet d'aboutir au final à une décision.